INTERVIEW EXCLUSIVE DU NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA CGPME, FRANÇOIS ASSELIN

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Conference de presse de la CGPME sur le compte penibilite

Les PME/TPE sont un monde vivant, en perpétuelle transformation
Pour les enseignants et les étudiants qui ne vous connaissent sans doute pas bien, pouvez-vous nous dire quelques mots de votre parcours, des valeurs auxquelles vous tenez, de vos engagements ?

Patron depuis 21 ans d’une PME familiale, Asselin SAS, spécialisée en charpente, menuiserie, ébénisterie, ferronnerie d’art, je me suis investi dans le syndicalisme patronal dans ma branche professionnelle, le bâtiment, en tant que président de la FFB de mon département, les Deux-Sèvres, de 2001 à 2006, ainsi qu’à la tête de la CGPME de ce département puis de la région, Poitou-Charentes.
Défendre l’intérêt des entreprises en tant qu’entrepreneur et investi dans la vie de la cité, tel est le sens de mon implication en faveur de l’action syndicale. Cet engagement au service du bien commun donne du sens à l’existence et forge un cadre spirituel à une vie d’homme.

Le 21 janvier, j’ai été élu président de la CGPME nationale, un mandat exaltant et mobilisateur, puisqu’il me permet de représenter et porter la voix des 1 600 000 PME et TPE de France. Je souhaite continuer, dans la droite ligne de mes prédécesseurs, à défendre la liberté d’entreprendre et le droit de développer son entreprise sans entrave.

 Quels sont les priorités de  votre mandature ?

Poursuivre la représentation et la défense des PME et TPE, en mettant sur la table toutes les propositions de nature à améliorer leur quotidien. Faire du dialogue social contraint que l’on veut nous imposer un dialogue social serein, en développant des concepts simples et efficaces comme l’entretien individuel, la GPEC, la prévention des risques, l’intéressement du salarié … Remettre la petite entreprise au cœur de la société : les Français aiment leurs PME mais qu’en est-il des pouvoirs publics ? Ils semblent méconnaître le prodigieux rôle de catalyseur des entreprises qui créent de la richesse et de l’emploi. Je voudrais également réhabiliter la valeur travail, sacrifier un peu de sécurité économique à plus de liberté et encourager la prise de risque. Notre société doit être moins frileuse et repliée sur ses certitudes si elle veut ouvrir des horizons à sa jeunesse.

Vous avez participé  avec votre entreprise au projet de la construction de la frégate de la liberté l’Hermione ; qu’est-ce  cela a représenté pour vous, et plus largement ?

Le chantier de la reconstruction à l’identique de la frégate l’Hermione dans l’arsenal de Rochefort, un gigantesque assemblage de plus de 400 000 pièces, a représenté 17 ans de travail et un formidable pari pour l’entreprise que je dirige. En 1780, avec à son bord, le marquis de La Fayette, ce trois-mâts de légende a traversé l’Atlantique. La Fayette commandait les troupes françaises qui ont contribué brillamment, aux côtés des insurgés américains en lutte contre les Anglais, à la lutte pour l’indépendance des États-Unis. L’Hermione a été un temps particulièrement fort dans ma carrière et dans ma vie, certes parsemé de moments difficiles, mais quel challenge pour mes salariés et moi-même ! Ce merveilleux vaisseau reprend bientôt la mer : il appareillera le 15 avril pour l’Amérique, sur les traces de Gilbert de La Fayette.

La CGPME a participé depuis son origine à l’opération du Grand Livre de l’Economie PME afin d’améliorer les relations entreprises/ enseignants-chercheurs/étudiants ? Cela vous paraît-il important et avez-vous un message à adresser au monde de l’enseignement supérieur ?

Les PME/TPE sont un véritable matériau pour la recherche et l’étude. Mais avant tout ce sont les hommes et les femmes qui y travaillent qui constituent la véritable richesse des entreprises, et cela tous les chefs d’entreprise “à risques” le savent.  Il ne suffit pas d’appréhender les entreprises sous un angle économique et social, c’est également un lieu irremplaçable  pour comprendre les évolutions et les mutations du monde du travail et de l’histoire de notre pays. Etablir des passerelles entre le monde des chercheurs, des universitaires et les dirigeants de sociétés, enrichir la réflexion autour de thèmes aussi divers et passionnants que la santé du dirigeant, les commerçants face au développement durable, l’innovation, la gestion de la relation-client, la conquête du marché chinois ou la microfinance, que de tâches exaltantes qui enracineront nos entreprises dans la pérennité !
Mon message à la sphère de l’enseignement supérieur serait pour dire : la CGPME est fière du travail collaboratif qui a produit cet ouvrage monumental, le Grand Livre de l’Economie PME. Les PME/TPE sont un monde vivant, en perpétuelle transformation. Nous avons besoin de vos travaux pour évoluer et pour que le monde extérieur comprenne notre rôle. Alors, continuez à chercher … et à trouver !

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